vendredi 27 décembre 2013

LILLE : ENCORE 17 FAMILLES ROMS A LA CHARGE DE LA SOCIETE


" Le tribunal administratif de Lille a ordonné jeudi au préfet du Nord de trouver un hébergement d’urgence pour 17 familles roms actuellement accueillies à la Bourse du travail de Lille. Le président du tribunal Marc Paganel demande également un « droit de suite », afin de vérifier la réalité de ces démarches. Trois dossiers supplémentaires doivent être examinés ce vendredi matin.

Ce jeudi, le tribunal administratif de Lille, saisi en référé-liberté (et donc en urgence), a accordé à une centaine de Roms occupant la Bourse du travail de Lille depuis le 28 octobre, soit 17 familles, le «  droit fondamental à un hébergement d’urgence  ».

Le processus commence la semaine dernière. La préfecture du Nord émet la possibilité de proposer des places en urgence à la moitié de ces familles, dont de nombreux enfants en bas âge. En revanche, les autres doivent quitter les lieux sans solution. «  Ce n’était certainement pas le message de la préfecture, nuance Ève Thieffry, l’avocate de ces sans-abri. Il a en tout cas été perçu comme tel.  » La préfecture abandonnera finalement cette proposition. Dans la foulée, samedi, les avocats des Roms saisissent la justice administrative.
Le 28 octobre, expulsés d’un parking universitaire de Villeneuve-d’Ascq, ces groupes avaient été dirigés par un militant vers la Bourse du travail de Lille. Motif : une tempête à l’horizon. Face au tribunal administratif, leurs cas ont été étudiés de lundi à ce jeudi matin. Mardi, à quelques heures du réveillon de Noël, le ton est particulièrement tendu. Au nom de la revendication du « droit fondamental » à un abri reconnu par le Conseil d’État l’an dernier, une vingtaine de familles Roms convoquent le préfet du Nord devant la justice. «  Un hébergement d’urgence, ce peut être une simple caravane  », concède Ève Thieffry. En avril, le préfet du Rhône avait été condamné à reloger dix familles roms. Une brèche maintenant investie à Lille.

«  De toute façon, en cas de réponse favorable, rien ne dit que la solution de ces familles s’améliorera, prédisait un avocat lundi. À Lyon, la situation des Roms ne s’est pas améliorée pour autant. » Durant les débats, les échanges avaient notamment été âpres autour du traitement accordé aux populations roumaines. Face au président Marc Paganel, la joute entre défenseurs des Roms et les services de l’État avait été loin d’être sereine. «  Les demandes 115 ont-elles été correctement traitées ?  », avait attaqué Ève Thieffry. «  Le 115 (SAMU social) ne fonctionne pas par ethnie, a alors rétorqué un membre de la direction départementale de la cohésion sociale. Et, tous les jours, près de 500 personnes restent sans réponse positive.  »


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