mardi 12 novembre 2013

HOLLANDE SIFFLE A OYONNAX

" François Hollande a tenté lundi de délivrer un message d'unité à Oyonnax, haut lieu de Résistance où il a reçu un accueil difficile, expression d'une impopularité à laquelle il doit désormais faire face à chaque sortie publique.

Comme un prolongement de son passage chahuté dans la matinée sur les Champs-Elysées, le président a été sifflé à son départ de la mairie de la petite ville du Jura où il a célébré le 11-Novembre.

Une mauvaise humeur émanant à la fois de gens hostiles à sa politique brandissant des pancartes "Hollande, démission" et d'habitants déçus d'avoir "attendu cinq heures sans pouvoir lui serrer la main".

"(François) Mitterrand, il avait descendu la rue sous les applaudissements", dit une dame derrière les barrières de sécurité en souvenir d'une visite présidentielle de 1983.

"Là, Hollande, il a tout faux", a-t-elle déploré juste après le départ de la voiture du chef de l'Etat qui n'a eu, chose rare le concernant, aucun geste d'au revoir pour la foule.

Selon un sondage Ipsos pour Le Point publié lundi, le chef de l'Etat a atteint un nouveau record d'impopularité, avec seulement 21% d'opinions favorables en novembre, soit une perte de trois points en un mois.

A son arrivée dans l'Ain déjà, quelques sifflets mêlés à des applaudissements étaient audibles dans les rues entourant la place centrale. Le président n'a serré que quelques mains et réservé sa conversation aux élus et aux anciens combattants.

C'est pourtant un message d'unité que le chef de l'Etat était venu délivrer en ce jour anniversaire de l'Armistice de 1918, en écho à son discours de jeudi dernier à l'Elysée pour le lancement du centenaire de la Grande guerre et du 70e anniversaire de la Libération.

Devant le monument aux morts, François Hollande a souligné l'importance d'"aimer la France", appelant à "ne jamais rien laisser passer face aux haines, aux intolérances, aux extrémismes, aux racismes".

"C'EST LA COMMUNAUTÉ NATIONALE QUI NOUS RÉUNIT"
En cette période de crise qui voit une partie du pays se soulever contre sa politique, comme en Bretagne, il a appelé au rassemblement.

"Notre pays ne peut rien quand il est morcelé, fractionné, divisé en territoires, en catégorie, en particularités", a-t-il dit. "Rien n'est plus indispensable que le dialogue, la responsabilité et le respect car c'est la communauté nationale qui nous réunit tous et je n'accepterai jamais qu'elle puisse être divisée".
François Hollande a assisté à une reconstitution du défilé du 11 novembre 1943 qui vit 120 maquisards braver l'interdit de Vichy en défilant dans le centre-ville en hommage à leurs aînés morts pour la France pendant la Guerre 1914-18.

Comme 70 ans plus tôt, des dizaines de figurants en habits d'époque -béret, manteau ceinturé et chausses pour les maquisards- ont défilé sous les vivats et déposé une gerbe en forme de croix de Lorraine où était inscrit: "Les vainqueurs de demain à ceux e 14-18", avant d'entonner la Marseillaise.

L'évènement, qui eut un grand retentissement à l'époque, fut considéré comme un élément fondateur de la Résistance.

L'un des rares témoins du défilé originel, Georges Rigaud, 89 ans, a raconté à la presse ce moment de bravoure.

"On n'était pas courageux, on était inconscients, on était jeunes", a dit celui dont le nom de résistant était "Jo".

Interpellé sur les huées proférées contre le président, ce témoin privilégié de l'Histoire a fait part de son incompréhension.

"C'est anormal, je ne comprends pas, c'est idiot: il est là, il fait ce qu'il peut, il fait ce qu'il pense être bon", a-t-il dit. "Ce n'est pas un jour pour faire des histoires". "

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