mardi 4 février 2014

LE GOUVERNEMENT ENTERRE LA LOI FAMILLE ( AVANT LES ELECTIONS )

" Au lendemain du succès de La Manif pour tous, le gouvernement a voulu écarter tout sujet de friction en enterrant la loi famille cette année, une décision qui a immédiatement provoqué une vive déception à gauche.
Plusieurs éditorialistes considèrent que le recul du gouvernement, est la conséquence de "désaccords" au sein du gouvernement.

Après un premier report, ce projet de loi de la ministre de la Famille Dominique Bertinotti, devait, selon ses propos la semaine dernière, être présenté en Conseil des ministres en avril pour un examen au Parlement au deuxième trimestre.

Mais Matignon a tranché lundi: "Le gouvernement ne présentera pas de projet de loi famille cette année", a dit l'entourage du Premier ministre à l'AFP en milieu d'après-midi.

Est-ce la crainte de voir des débats difficiles venir parasiter les campagnes municipales et européennes? Matignon a invoqué "les travaux préparatoires" à cette loi, qui "doivent se poursuivre", et un "calendrier parlementaire dense", avec notamment le pacte de responsabilité.

A l'Elysée, en plus des contraintes de calendrier, on ajoutait deux autres raisons à ce report: "La nécessité de concentrer l'action de l'exécutif sur la lutte contre le chômage et sur le pacte de responsabilité" et "la volonté d'apaiser un certain nombre de tensions, y compris lorsque celles-ci sont alimentées par de faux débats".
Une mesure phare du texte devait consister à mettre à la disposition des familles recomposées de nouveaux "outils juridiques" pour reconnaître le rôle joué par des tiers dans l'éducation des enfants.

Dans les rangs de la majorité, l'argument du calendrier chargé n'a pas convaincu et cette annonce, saluée comme une "victoire" par les anti-mariage homosexuel de la "manif pour tous", a fait grincer des dents. D'abord chez les écologistes, partenaires de la majorité, où la numéro un Emmanuelle Cosse a parlé à l'AFP de "renoncement consternant". "Rien de tel pour galvaniser les réacs", a regretté le porte-parole Julien Bayou. "Quelle pantalonnade !" a renchéri sur Twitter le député Sergio Coronado. Un "abandon en rase campagne", pour Noël Mamère.

"La gauche est trompée", a tonné Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), appelant à des "élections punition" lors des prochains scrutins.

'Ils commencent à lâcher'
"C'est une victoire pour la réaction", a réagi le sénateur PS Jean-Pierre Michel, ex-rapporteur du projet de loi sur le mariage homosexuel et l'un des rares de son parti à protester publiquement. "Si le gouvernement est effrayé par quelques dizaines de milliers de manifestants qui battent le pavé, il ne faut plus gouverner".
Dans son mouvemement, c'est en privé que certains ont déploré une "reculade", qui s'explique par la peur d'alimenter les mobilisations dans la rue telles que celle du week-end passé, qui ont réuni au moins 100.000 personnes à Paris et à Lyon.

Dans la matinée, l'entourage du Premier ministre était déjà intervenu pour couper court à ce qui ressemblait à un début de cafouillage entre le ministre de l'Intérieur et le président du groupe socialiste à l'Assemblée Bruno Le Roux sur la procréation médicalement assistée (PMA).
Lundi matin, Manuel Valls a annoncé que le gouvernement "s'opposera(it) à des amendements parlementaires" sur la gestation pour autrui (GPA) et la PMA, principale inquiétude dans les rangs de la "Manif pour Tous".

Quelques minutes après, le patron des députés PS l'a enjoint de "respecter la règle du jeu fixée par le gouvernement et le Parlement", à savoir d'attendre l'avis du Comité national consultatif d'éthique sur la question.

Les dissensions sur ce sujet ne sont pas nouvelles. Fin 2012, déjà, M. Le Roux avait annoncé le dépôt par le groupe PS d'un amendement autorisant la PMA pour les couples de lesbiennes dans le projet de loi sur le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe.

Mais les députés PS, divisés, avaient fini par y renoncer début janvier 2013, contre la promesse du gouvernement que ce sujet figurerait dans un projet de loi sur la famille.
Au cours de la campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait rappelé qu'il était favorable à la PMA pour les couples de lesbiennes "à condition" qu'il y ait "un projet parental" mais qu'il était "hostile à la gestation pour autrui".

La droite a vu dans cette discordance au sein de la majorité la légitimation de ses inquiétudes. "Au gouvernement, on est passé du cafouillage à la panique", a régi le patron des députés UMP Christian Jacob.
"C'est une bonne nouvelle. Peut-être qu'on va sortir enfin de ces séquences interminables où on sature l'espace politique et médiatique avec les réformes de société qui font diversion", a jugé le vice-président du FN Florian Philippot.

Officiellement, le PS salue la décision du gouvernement, qui "a eu raison de prendre du temps sur ce sujet de la famille, que moi je souhaite consensuel", a déclaré son premier secrétaire Harlem Désir.
"Ils commencent à lâcher. Mais ce n'est pas le moment de nous démobiliser", a commenté sur Twitter un des porte-parole des manifestants, Tugdual Derville. "


Un bon coup de pub juste avant les élections pour ne pas perdre une partie de leur électorat, mais nul doute que la machine se remettra en marche juste après !

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