mardi 7 janvier 2014

LEONARDA : ON A ÉCHAPPÉ AU PIRE



" Aujourd’hui, mardi 7 janvier 2014, les juges du tribunal de Besançon doivent examiner le dernier recours de Leonarda et de sa famille.

Pour être sûr de peser de tout son poids, le réseau Éducation sans frontières a appelé ses membres à faire la claque tout à l’heure dans la salle d’audience : ils le veulent, ils l’exigent, la sainte famille Dibrani doit revenir couler des jours heureux au bord du Doubs. D’ailleurs, Leonarda elle-même l’a fait savoir par la voix de leur avocat : si on ne peut pas revenir, on « veut dire solennellement à la France qu’elle n’aura plus qu’à envoyer des fleurs au Kosovo. C’est simple, on va tous se tuer. »

Ben oui, parce que la vie n’est pas simple, au pays. « Depuis que les journalistes sont partis, plus personne ne s’occupe de nous ! », se plaint-elle au Figaro. Il faut dire qu’ils y sont allés un peu fort sur le racket, les exilés. Même Libération a avoué avoir banqué pour recueillir la divine parole : « Affaire conclue à 50 euros au lieu des 200 réclamés. [...] Les Dibrani, amers et déçus, cherchent en vertu de cette stratégie de la débrouille qui gouverne leurs vies à tirer bénéfice de l’appétit des médias », écrivait Michel Henry en novembre dernier. Tarif unique : 200 euros, réclamés aussi à l’AFP pour prendre quelques photos, et à la télé russe qui faisait le siège devant la porte.

Aujourd’hui, les gogos ont levé le camp. La famille a été déménagée au centre de Mitrovica, dans un logement plus grand. On peut imaginer – puisque des accords ont été pris au niveau gouvernemental – que c’est la France qui paie le loyer. Et la nourriture aussi, qui toutefois tarde à venir : « Le prochain ravitaillement n’est prévu que dans deux mois », se plaint encore Leonarda au Figaro. Du coup, tout le monde s’ennuie. Les enfants Dibrani n’ont « pas envie » (sic) d’aller à l’école et passent leurs journées « à dormir et à regarder la télé française ». Attention, Leonarda, toi qui veux devenir avocat, ce n’est pas le chemin à prendre ! Leonarda qui en remet même une couche dans la sincérité : « Ici, c’est pas la vie en rose comme en France ! Si vous n’avez pas d’argent, il n’y a pas de Restos du cœur, pas de Sécu pour vous soigner… » Cette leçon-là, au moins, a été retenue.

Alors les Dibrani attendent tous la décision des juges comme Noé son premier rayon de soleil après le déluge. Avec espoir. Car la France, là encore, a très bien fait les choses. Ces derniers jours, les fins limiers de Dominique Baudis – le Défenseur des droits – sont allés enquêter jusqu’à Mitrovica. On a payé l’avion et l’hôtel à trois officiers de la République pour savoir si l’on avait bien déroulé le tapis rouge avant de faire descendre Leonarda de son bus scolaire.

Gérard Guinot, le président du comité de soutien des sans-papiers de Pontarlier (Doubs) qui avait accueilli la famille à son arrivée dans la région – aujourd’hui accusé de racisme par RESF – confiait au Point, à l’automne dernier : « Resat Dibrani n’était pas le gars qui venait en France pour travailler ! Quand il est venu me voir, il m’a dit : “L’État français me doit 38 000 euros d’arriérés d’allocations familiales”. » Ben tiens.

Et demain, des dommages et intérêts, peut-être ? "


Demande rejetée... ouf !

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