vendredi 7 février 2014

UN DÉTENU LIBÉRÉ FAUTE D'ENCRE DANS UN FAX

" Le principal suspect du meurtre d'un homme lynché début 2011 en Seine-Saint-Denis a été libéré mercredi en raison d'un problème d'encre dans un fax, a-t-on appris auprès du parquet de Bobigny.

Un fax défectueux a empêché la transmission de l'appel (de cet homme) à la cour d'appel de Paris dans les délais légaux, a indiqué jeudi soir le parquet, confirmant des informations de presse. Le parquet n'a pas souhaité faire de commentaire.

Dans la nuit du 31 décembre 2010 au 1er janvier 2011, Claudy Elisor, un DJ amateur, avait été passé à tabac et laissé pour mort par une dizaine de personnes après avoir refusé l'entrée à une soirée privée au Blanc-Mesnil.

Deux de ses meurtriers présumés avaient été interpellés et placés en détention provisoire.
L'un d'entre eux a été libéré mercredi, la justice n'ayant pas respecté les délais pour statuer sur son maintien en détention. L'appel du détenu n'a en fait pas pu être transmis faute d'encre dans un fax du parquet de Bobigny.

"Mon client a toujours clamé son innocence et (...) qu'un innocent soit en liberté, ce n'est pas choquant", a estimé son avocat Gilles-Jean Portejoie sur BFMTV.

Dans les colonnes du Parisien-Aujourd'hui en France daté de vendredi, la veuve de la victime, Fabienne Elisor, fait part de son indignation et n'exclut pas de "demander des comptes à la justice."

Lors d'un déplacement à Bordeaux, la ministre de la Justice Christiane Taubira a indiqué vendredi qu'elle souhaitait que la lumière soit faite sur ce dysfonctionnement.

"Lorsqu'il s'agit de procédure pénale, la communication électronique n'est pas encore autorisée par la loi", a-t-elle dit à la presse. "J'en ai introduit la possibilité dans le projet de loi sur la simplification du droit et des procédures. Ce texte de loi a été adopté au Sénat, il poursuit son chemin, une fois qu'il aura été adopté par les deux chambres du Parlement, il entrera en application." "

jeudi 6 février 2014

POINT DE VUE SUR L'EDUCATION SOCIALE




FABIUS ET LA QUESTION QUI DERANGE



" Il est des scènes devenues si rares qu’on avait fini par croire qu’on ne les reverrait plus jamais.

En janvier dernier, un rapport rendu par le prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), sous la direction de l’ex-inspecteur des Nations unies Richard Lloyd, concluait que, selon toute vraisemblance, les attaques au gaz sarin sur la population syrienne du mois d’août dernier, contrairement à la version officielle (formule qui fait florès par les temps qui courent), ne pouvaient pas avoir été le fait des forces de Bachar-el-Assad. Le rapport se fondait sur des calculs très précis de balistique à partir des photos et des débris des roquettes utilisées, comparés à la disposition des forces sur le terrain. Une conclusion qui rejoignait la thèse du grand journaliste américain Seymour Hersh (prix Pulitzer 1970), celle-ci fondée sur les confidences, ou plutôt les aveux glanés auprès des services secrets de divers pays et publiée au Royaume-Uni un mois auparavant dans la London Review of Books.

Bien entendu, et comment s’en étonner, la presse française n’en a pas dit un seul mot… Ne parlons même pas des journaux télévisés.

Le 4 février dernier, l’ESSEC avait invité Laurent Fabius pour parler de la situation en Syrie lorsqu’un jeune homme se présentant comme journaliste fit allusion audit rapport et osa poser « la question qui tue » : « Monsieur Fabius, devant cette assemblée, pouvez-vous reconnaître que vous vous êtes trompé et présenter vos excuses ? » Stupeur et murmures puis, en guise de réponse, petit sourire en coin, gros mensonge et langue de bois, sauce Quai d’Orsay, s’il vous plaît.

Ce héros, car il faut bien le qualifier ainsi, s’appelle Jonathan Moadab. Avec six copains, il a fondé la toute récente Agence Info Libre déjà bien connue des internautes pour sa couverture des manifestations autour de l’affaire Dieudonné, Jour de colère et la Manif pour tous. Sa question était d’autant plus courageuse qu’en septembre 2012, il avait été victime d’un attentat à la voiture piégée, attentat revendiqué par la Ligue de défense juive suite à son interview de Christophe Oberlin, professeur de médecine à Paris VII, connu pour ses missions humanitaires dans la bande de Gaza.

Jonathan Moadab, qui lui-même est d’origine juive, est le prototype de cette jeune génération de journalistes indépendants, née de l’Internet, et dans les rangs de laquelle il convient aussi de nommer le Cercle des Volontaires et la toute jeune TV Libertés qui produit un journal quotidien tous les soirs à 19 h.

Ces jeunes gens de tous bords et de toutes origines sont en train de sauver l’honneur d’une profession gangrenée par la peur et le conflit d’intérêts. Ils méritent encouragements et forcent le respect. Chapeau ! "

mardi 4 février 2014

" LES PROPOSITIONS CHOCS " POUR LUTTER CONTRE LE CHÔMAGE : LES FRANÇAIS NE SONT PAS PRÊTS

" Selon un sondage étonnant demandé par iTélé et le Parisien et réalisé par BVA, les Français seraient soudainement prêts à entendre les propositions de la CGPME, pourtant qualifiées de « choc » par les journalistes et les sondeurs. Un changement serait-il en train de s’opérer dans les mentalités ? Des idées nouvelles, innovantes et qui pourraient frôler le succès de façon crédible auraient-elles été émises ? Rassurez-vous, tout ceci est très exagéré.

En réalité, lorsqu’on épluche tant les propositions de la CGPME que lespetits articles de presse qui décrivent les résultats du sondage en question, on se rend compte qu’en fait de propositions choc, on a quelques éléments factuels qui, effectivement, détonnent dans le brouhaha ambiant habituel sur le chômage, mais qui, il faut bien le dire, restent encore bien timorés.

Ainsi, d’après le sondage, deux tiers des Français seraient favorables à une radiation automatique des chômeurs qui refusent plus de deux offres « raisonnables » d’emploi, charge je suppose au législateur de définir ce que raisonnable veut dire, avec les tombereaux de cas complexes et de cris syndicaux qu’on imagine sans mal. Plus piquant encore, 61% souhaiteraient « exclure du régime spécifique des intermittents les techniciens du spectacle, qui pourraient être soumis au droit commun » ; à l’évocation d’une telle proposition, la neige risque bien d’envahir les écrans télés, et nombre de spectacles, films et autres animations cultureuses se verront brutalement arrêtées, à n’en pas douter. Enfin, 59% estiment nécessaire la mise en place d’une dégressivité des allocations à partir d’un an, ce qui provoquera probablement l’une ou l’autre manifestation bloquante dans les rues de Paris et d’ailleurs.

Pas de doute, ces propositions méritent effectivement le qualificatif de « choc » lorsqu’on les replace dans le contexte d’habitude clairet des ajustements que les gouvernements s’emploient à bricoler pour combattre le chômage. Cependant, ces propositions se limitent à la partie « indemnisation du chômage », et visent essentiellement à diminuer le déficit catastrophique de cette couverture collectiviste.

Sur le plan de la lutte contre le chômage, on comprend donc que ces projets ne sont qu’un début. Et si (soyons fous) on voulait vraiment lutter contre le chômage français, il faudrait aller plus loin. Et pour le coup, le terme de « choc » sera probablement un euphémisme.

Ainsi, un des éléments clefs pour toute entreprise dans sa démarche d’emploi est lasécurité fiscale ; un moratoire des taxations, des bidouillages fiscaux et sur la production démente de lois par le monstre de Bercy constituerait une véritable révolution tant l’habitude aura été prise, par tous les gouvernements sur (au moins) les quarante dernières années de « résoudre » des problèmes par la ponte régulière d’une nouvelle loi, d’une nouvelle taxe, d’un nouvel impôt et d’une nouvelle complexification des codes. Garantissez, pendant une période significative (5 ans, par exemple), l’absence totale de loi nouvelle en matière fiscale et vous assurez aux entreprises un environnement stable propice à l’embauche.

Évidemment, la législorrhée actuelle relègue cette proposition au rang de rêve éveillé.

Timidement proposée et de façon indirecte dans le document de la CGPME, la baisse des charges constitue aussi une excellente piste pour inciter les embauches. Pour cela, on peut effectivement coupler cette baisse avec celle des indemnités, éventuellement laissée à l’appréciation du couple employeur / employé. Rassurez-vous : ceci hérisserait suffisamment de politiciens, de syndicalistes et de Français en général pour s’assurer que jamais une telle proposition ne verra la moindre application.

On pourrait aussi se baser sur les expériences des autres pays qui ont constitué des exemples en grandeur réelle de ce qu’il faut faire (ou éviter). Ainsi, la réduction notable du temps de couverture, par exemple en le plafonnant à une année au maximum, a donné des résultats significatifs dans plusieurs pays, dont le Danemark dont j’ai déjà parlé ici. Oui, réduire le temps d’indemnisation réduit le taux de chômage, mais non, ce sera pas mis en place dans le pays parce que c’est à peu près équivalent à croquer du chaton en place publique, c’est assez mal vu.

Cependant, la proposition-choc, celle qui cogne directement dans les parties sensibles, celle qui permettrait d’obtenir un résultat immédiat et qui donnerait réellement un nouveau souffle au pays, celle qui transformerait durablement l’entrepreneuriat français, actuellement acte de torture chinoise masochiste que certains s’impose par naïveté, en réelle opportunité pour créer de la richesse et des emplois sereinement, ce serait la remise à plat complète et définitive du code du travail pour en limiter la portée, l’épaisseur et le détail à un minimum aussi faible que possible, avec à la clef l’abolition du SMIC et du temps maximum de travail.

En général, ici, les politiciens, qui n’ont jamais été équipés ni pour se renseigner vraiment sur ce qui se fait hors de nos frontières, ni pour seulement réfléchir, pètent vigoureusement un câble, suivis très vite par les syndicalistes traditionnels qui, éructant immédiatement quelques jurons gutturaux, accumuleront alors bave aux lèvres et yeux injectés de sang pendant que leurs membres aux muscles brusquement turgescents seront pris de spasmes violents sous l’effet d’une furie colérique indomptable.

Abolir le code du travail ? Sucrer le SMIC ? Faire sauter les limitations de temps de travail ?

Ah je vous avais prévenu : ici, on est dans la proposition choc, la vraie, celle qui déclenche des petites bouffées meurtrières des organisations syndicales et des politiciens accrochés comme pas deux à leur terreau de chômage et de salariés captifs sans lesquels leur utilité et leur représentativité tombe rapidement à zéro… En réalité, si cette proposition semble à ce point iconoclaste, elle n’en reste pas moins tout à fait crédible et applicable pour obtenir l’effet désiré, à savoir une réduction du chômage.

Ainsi, les observations empiriques montrent que plus un marché du travail est flexible, plus le chômage sera bas et inversement, plus il est contraint, plus le chômage augmente.

Ainsi, on peut noter que bien des pays ont un code du travail bien plus léger que le code français, qui grossit chaque semaine de plusieurs articles là où la plupart des autres n’est que rarement tripoté par le législateur. Le code du travail suisse, par exemple, ne fait que quelques dizaines de pages à comparer aux centaines de pages et milliers d’articles qui compose le notre avec les résultats débilitants, kafkaïens et contre-productifs que nous observons tous les jours. Et qu’on ne vienne pas me dire que la Suisse est le paradis des tortionnaires, des sweat-shops et des esclaves. L’absence de SMIC y est aussi constaté, et tout comme dans d’autres pays (l’Allemagne), cela n’empêche pas le salaire moyen et le revenu moyen d’être supérieur à celui des Français ; et au contraire de ce que peut prétendre les collectivistes en culotte courte qui sévissent en France, ceci n’est pas un hasard.

Mais voilà : comme je le remarque plus haut, ces propositions, qui ont eu des effets notables et positifs au Danemark, qui montrent tous les jours leur efficacité dans les pays nordiques, en Suisse, en Allemagne, tout cela ne résistera jamais à la fureur des syndicats et des politiciens pour lesquels il faudra une autre proposition, celle qui consiste à, d’une part, retirer le politique du contrat de travail, qui ne doit être que le résultat d’une négociation entre adultes consentants (l’employeur et l’employé), sans y ajouter le rôle de l’État dont les 50 dernières années en France ont montré qu’il n’amène que misères et décrépitude. Et d’autre part, il faudra impérativement revoir le rôle des syndicats, dont la représentativité nanoscopique ridicule donne une indication claire de leur rôle dans l’économie.

On le comprend : toucher ainsi à plusieurs Graal (le SMIC, le code du travail, le rôle de l’État, le rôle des syndicats) assure de façon certaine que non, les Français ne sont pas favorables à des propositions-choc pour lutter contre le chômage, et que tant qu’ils ne le seront pas, le chômage continuera d’occuper une part importante du paysage économique français, pour leur plus grand malheur.

Pire : comme aucune de ces propositions ne sera jamais mise sur la table, et comme aucune des propositions, plus timorées, de la CGPME ne le seront non plus, la situation de l’emploi en France, déjà très mauvaise, continuera d’empirer.

Indéniablement, ce pays est foutu. "

LE GOUVERNEMENT ENTERRE LA LOI FAMILLE ( AVANT LES ELECTIONS )

" Au lendemain du succès de La Manif pour tous, le gouvernement a voulu écarter tout sujet de friction en enterrant la loi famille cette année, une décision qui a immédiatement provoqué une vive déception à gauche.
Plusieurs éditorialistes considèrent que le recul du gouvernement, est la conséquence de "désaccords" au sein du gouvernement.

Après un premier report, ce projet de loi de la ministre de la Famille Dominique Bertinotti, devait, selon ses propos la semaine dernière, être présenté en Conseil des ministres en avril pour un examen au Parlement au deuxième trimestre.

Mais Matignon a tranché lundi: "Le gouvernement ne présentera pas de projet de loi famille cette année", a dit l'entourage du Premier ministre à l'AFP en milieu d'après-midi.

Est-ce la crainte de voir des débats difficiles venir parasiter les campagnes municipales et européennes? Matignon a invoqué "les travaux préparatoires" à cette loi, qui "doivent se poursuivre", et un "calendrier parlementaire dense", avec notamment le pacte de responsabilité.

A l'Elysée, en plus des contraintes de calendrier, on ajoutait deux autres raisons à ce report: "La nécessité de concentrer l'action de l'exécutif sur la lutte contre le chômage et sur le pacte de responsabilité" et "la volonté d'apaiser un certain nombre de tensions, y compris lorsque celles-ci sont alimentées par de faux débats".
Une mesure phare du texte devait consister à mettre à la disposition des familles recomposées de nouveaux "outils juridiques" pour reconnaître le rôle joué par des tiers dans l'éducation des enfants.

Dans les rangs de la majorité, l'argument du calendrier chargé n'a pas convaincu et cette annonce, saluée comme une "victoire" par les anti-mariage homosexuel de la "manif pour tous", a fait grincer des dents. D'abord chez les écologistes, partenaires de la majorité, où la numéro un Emmanuelle Cosse a parlé à l'AFP de "renoncement consternant". "Rien de tel pour galvaniser les réacs", a regretté le porte-parole Julien Bayou. "Quelle pantalonnade !" a renchéri sur Twitter le député Sergio Coronado. Un "abandon en rase campagne", pour Noël Mamère.

"La gauche est trompée", a tonné Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), appelant à des "élections punition" lors des prochains scrutins.

'Ils commencent à lâcher'
"C'est une victoire pour la réaction", a réagi le sénateur PS Jean-Pierre Michel, ex-rapporteur du projet de loi sur le mariage homosexuel et l'un des rares de son parti à protester publiquement. "Si le gouvernement est effrayé par quelques dizaines de milliers de manifestants qui battent le pavé, il ne faut plus gouverner".
Dans son mouvemement, c'est en privé que certains ont déploré une "reculade", qui s'explique par la peur d'alimenter les mobilisations dans la rue telles que celle du week-end passé, qui ont réuni au moins 100.000 personnes à Paris et à Lyon.

Dans la matinée, l'entourage du Premier ministre était déjà intervenu pour couper court à ce qui ressemblait à un début de cafouillage entre le ministre de l'Intérieur et le président du groupe socialiste à l'Assemblée Bruno Le Roux sur la procréation médicalement assistée (PMA).
Lundi matin, Manuel Valls a annoncé que le gouvernement "s'opposera(it) à des amendements parlementaires" sur la gestation pour autrui (GPA) et la PMA, principale inquiétude dans les rangs de la "Manif pour Tous".

Quelques minutes après, le patron des députés PS l'a enjoint de "respecter la règle du jeu fixée par le gouvernement et le Parlement", à savoir d'attendre l'avis du Comité national consultatif d'éthique sur la question.

Les dissensions sur ce sujet ne sont pas nouvelles. Fin 2012, déjà, M. Le Roux avait annoncé le dépôt par le groupe PS d'un amendement autorisant la PMA pour les couples de lesbiennes dans le projet de loi sur le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe.

Mais les députés PS, divisés, avaient fini par y renoncer début janvier 2013, contre la promesse du gouvernement que ce sujet figurerait dans un projet de loi sur la famille.
Au cours de la campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait rappelé qu'il était favorable à la PMA pour les couples de lesbiennes "à condition" qu'il y ait "un projet parental" mais qu'il était "hostile à la gestation pour autrui".

La droite a vu dans cette discordance au sein de la majorité la légitimation de ses inquiétudes. "Au gouvernement, on est passé du cafouillage à la panique", a régi le patron des députés UMP Christian Jacob.
"C'est une bonne nouvelle. Peut-être qu'on va sortir enfin de ces séquences interminables où on sature l'espace politique et médiatique avec les réformes de société qui font diversion", a jugé le vice-président du FN Florian Philippot.

Officiellement, le PS salue la décision du gouvernement, qui "a eu raison de prendre du temps sur ce sujet de la famille, que moi je souhaite consensuel", a déclaré son premier secrétaire Harlem Désir.
"Ils commencent à lâcher. Mais ce n'est pas le moment de nous démobiliser", a commenté sur Twitter un des porte-parole des manifestants, Tugdual Derville. "


Un bon coup de pub juste avant les élections pour ne pas perdre une partie de leur électorat, mais nul doute que la machine se remettra en marche juste après !

ADOS DJIHADISTES : AUCUNE DECLARATION DU CONSEIL DU CULTE MUSULMAN A PARIS

" Cette inaction est-elle avérée ? Si oui, doit-on l’attribuer à un manque de légitimité, de moyen, de bonne volonté ? A quelque chose d’autre ? 

Haoues Seniguer : L'absence de déclaration ou d'action publique visibles du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) sur le volet des jeunes Français, qui partent en Syrie accomplir ce qu'ils pensent être le djihâd, est moins l’indice d’un silence complice de sa part que le symptôme avancé de deux difficultés, auxquelles il est confronté, outre de manière chronique, de façon de plus en plus manifeste : la première de ces difficultés concerne son déficit évident de représentativité, et par conséquent de légitimité aussi, auprès de nombreux segments de la communauté musulmane au sens large de son extrême diversité sociale, culturelle et religieuse ;  soit par indifférence, soit par défiance de leur part. Il lui est, en effet, souvent reproché d’être en constante collusion avec le personnel politique français et les ambassades ou consulats des pays d'origine, sapant ainsi les fondements d’une autonomie du croire par rapport à des intérêts idéologiques ou électoralistes. De ce point de vue, les leaders du Conseil ne sont pas complètement naïfs dans la mesure où ils savent pertinemment qu'ils ne sont guère écoutés et suivis par la majorité des musulmans de France communément appelée "silencieuse". Le cafouillage de dernière minute du CFCM quant à la détermination du premier jour du Ramadan 2013 a autant créé la confusion et le malaise chez une grande partie de la communauté musulmane de notre pays, et sa colère naturellement, que mis au jour le grand décalage entre les élites d'un Conseil de l'islam de France exsangue et la base composée des croyants ordinaires qui ne s'y retrouvent pas. De plus, les membres de l'instance craignent peut-être de prendre ouvertement position sur la Syrie de peur de créer eux-mêmes un lien ou un amalgame entre l’islam de France et le djihadisme qui reste un phénomène extrêmement marginal. Ce silence traduit l’évitement et la crainte de susciter une nouvelle controverse publique autour des musulmans. La deuxième de ces difficultés est que le CFCM se concentre actuellement davantage sur les actes anti-musulmans qui ont lieu sur le territoire national, en vue de ne pas laisser le monopole de la lutte au CCIF (Collectif Contre l'Islamophobie en France) avec lequel il est en concurrence au moins larvée. Le Conseil ne veut donc pas être l'objet de davantage de discrédit auprès des musulmans, en désertant ce champ d'action de grande sensibilité aujourd’hui aux yeux d’une partie importante de la communauté musulmane. Autrement dit, a priori, la question syrienne et l'implication de jeunes français qui s'y rendent pour des motivations religieuses ou non, n'est clairement pas la priorité actuelle du CFCM. 

Qu’en est-il de l’action des autres leaders musulmans de France quant à la prévention de la radicalisation ?

C'est beaucoup plus ambigu que le CFCM. A cet égard, il nous est loisible de mettre en évidence quelques hypothèses explicatives qui gagneraient sans conteste à être plus largement discutées. Dans une tribune éditée le 1er juillet 2013, nous évoquions nominativement des individus, des personnalités, pas forcément françaises certes, mais dont la parole peut être néanmoins écoutée et entendue parmi de nombreux musulmans de notre pays, et des organisations de l'islam de France, à l'instar de l'UOIF (Union des Organisations Islamiques de France), qui ont gardé silence quand le cheikh Yûsuf al-Qaradhâwî (mufti du Qatar), lequel est pour eux une référence théologico-politique majeure (certains allant jusqu’à le qualifier de « Calife sans pouvoir »), a appelé les musulmans sunnites du monde au djihad contre le régime syrien et ses alliés, avec des accents messianiques et d’une violence caractérisée. De deux choses l'une: soit ils partagent son avis religieux et, partant, préfèrent ne rien ajouter à ce propos, soit ils ne le partagent pas, mais optent cependant pour le silence par solidarité idéologique et/ou organique. Dans les deux cas, la responsabilité morale est pleinement engagée. Par ailleurs, il est de plus en plus fréquent, sur le conflit syrien notamment, que certains médias communautaires musulmans français, hormis sans doute Oumma.com, Saphirnews, et peut-être d’autres, qui font a contrario preuve de nuance, de pondération et de distance critique sur le sujet, montent au créneau en des termes confessionnels et généralement virulemment anti-chiites. A ceux-là s'ajoutent des individus très actifs sur les réseaux sociaux qui diffusent régulièrement des images horrifiques d'enfants syriens qui auraient été tués par l'armée et les miliciens de Bachar al-Assad. Or, en frappant de la sorte les imaginaires, des acteurs musulmans nourrissent consciemment ou non une haine qui peut précisément dériver chez certains esprits à l'identité fragilisée en une volonté farouche de se rendre en Syrie quel qu'en soit le moyen. Là aussi, la responsabilité morale est pleinement engagée.  

Comment cette prévention de la radicalisation pourrait-elle être mise en place ? Et surtout par qui doit-elle l’être ?  

Outre les pouvoirs publics, toutes les institutions de socialisation sont concernées : organisations de l'islam de France, mosquées, famille, école, etc. La marginalité du phénomène djihadiste en France n’est pas une cause suffisante pour ne rien en dire, car cela concerne au premier chef, dans le cas présent, des adolescents. "