mardi 4 février 2014

ADOS DJIHADISTES : AUCUNE DECLARATION DU CONSEIL DU CULTE MUSULMAN A PARIS

" Cette inaction est-elle avérée ? Si oui, doit-on l’attribuer à un manque de légitimité, de moyen, de bonne volonté ? A quelque chose d’autre ? 

Haoues Seniguer : L'absence de déclaration ou d'action publique visibles du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) sur le volet des jeunes Français, qui partent en Syrie accomplir ce qu'ils pensent être le djihâd, est moins l’indice d’un silence complice de sa part que le symptôme avancé de deux difficultés, auxquelles il est confronté, outre de manière chronique, de façon de plus en plus manifeste : la première de ces difficultés concerne son déficit évident de représentativité, et par conséquent de légitimité aussi, auprès de nombreux segments de la communauté musulmane au sens large de son extrême diversité sociale, culturelle et religieuse ;  soit par indifférence, soit par défiance de leur part. Il lui est, en effet, souvent reproché d’être en constante collusion avec le personnel politique français et les ambassades ou consulats des pays d'origine, sapant ainsi les fondements d’une autonomie du croire par rapport à des intérêts idéologiques ou électoralistes. De ce point de vue, les leaders du Conseil ne sont pas complètement naïfs dans la mesure où ils savent pertinemment qu'ils ne sont guère écoutés et suivis par la majorité des musulmans de France communément appelée "silencieuse". Le cafouillage de dernière minute du CFCM quant à la détermination du premier jour du Ramadan 2013 a autant créé la confusion et le malaise chez une grande partie de la communauté musulmane de notre pays, et sa colère naturellement, que mis au jour le grand décalage entre les élites d'un Conseil de l'islam de France exsangue et la base composée des croyants ordinaires qui ne s'y retrouvent pas. De plus, les membres de l'instance craignent peut-être de prendre ouvertement position sur la Syrie de peur de créer eux-mêmes un lien ou un amalgame entre l’islam de France et le djihadisme qui reste un phénomène extrêmement marginal. Ce silence traduit l’évitement et la crainte de susciter une nouvelle controverse publique autour des musulmans. La deuxième de ces difficultés est que le CFCM se concentre actuellement davantage sur les actes anti-musulmans qui ont lieu sur le territoire national, en vue de ne pas laisser le monopole de la lutte au CCIF (Collectif Contre l'Islamophobie en France) avec lequel il est en concurrence au moins larvée. Le Conseil ne veut donc pas être l'objet de davantage de discrédit auprès des musulmans, en désertant ce champ d'action de grande sensibilité aujourd’hui aux yeux d’une partie importante de la communauté musulmane. Autrement dit, a priori, la question syrienne et l'implication de jeunes français qui s'y rendent pour des motivations religieuses ou non, n'est clairement pas la priorité actuelle du CFCM. 

Qu’en est-il de l’action des autres leaders musulmans de France quant à la prévention de la radicalisation ?

C'est beaucoup plus ambigu que le CFCM. A cet égard, il nous est loisible de mettre en évidence quelques hypothèses explicatives qui gagneraient sans conteste à être plus largement discutées. Dans une tribune éditée le 1er juillet 2013, nous évoquions nominativement des individus, des personnalités, pas forcément françaises certes, mais dont la parole peut être néanmoins écoutée et entendue parmi de nombreux musulmans de notre pays, et des organisations de l'islam de France, à l'instar de l'UOIF (Union des Organisations Islamiques de France), qui ont gardé silence quand le cheikh Yûsuf al-Qaradhâwî (mufti du Qatar), lequel est pour eux une référence théologico-politique majeure (certains allant jusqu’à le qualifier de « Calife sans pouvoir »), a appelé les musulmans sunnites du monde au djihad contre le régime syrien et ses alliés, avec des accents messianiques et d’une violence caractérisée. De deux choses l'une: soit ils partagent son avis religieux et, partant, préfèrent ne rien ajouter à ce propos, soit ils ne le partagent pas, mais optent cependant pour le silence par solidarité idéologique et/ou organique. Dans les deux cas, la responsabilité morale est pleinement engagée. Par ailleurs, il est de plus en plus fréquent, sur le conflit syrien notamment, que certains médias communautaires musulmans français, hormis sans doute Oumma.com, Saphirnews, et peut-être d’autres, qui font a contrario preuve de nuance, de pondération et de distance critique sur le sujet, montent au créneau en des termes confessionnels et généralement virulemment anti-chiites. A ceux-là s'ajoutent des individus très actifs sur les réseaux sociaux qui diffusent régulièrement des images horrifiques d'enfants syriens qui auraient été tués par l'armée et les miliciens de Bachar al-Assad. Or, en frappant de la sorte les imaginaires, des acteurs musulmans nourrissent consciemment ou non une haine qui peut précisément dériver chez certains esprits à l'identité fragilisée en une volonté farouche de se rendre en Syrie quel qu'en soit le moyen. Là aussi, la responsabilité morale est pleinement engagée.  

Comment cette prévention de la radicalisation pourrait-elle être mise en place ? Et surtout par qui doit-elle l’être ?  

Outre les pouvoirs publics, toutes les institutions de socialisation sont concernées : organisations de l'islam de France, mosquées, famille, école, etc. La marginalité du phénomène djihadiste en France n’est pas une cause suffisante pour ne rien en dire, car cela concerne au premier chef, dans le cas présent, des adolescents. "

DES EXTRÉMISTES DE GAUCHE ALLIES DU PS PROFANENT UNE EGLISE



" Les murs de l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville (19e) ont été une nouvelle fois taggés par des extrémistes de gauche la semaine dernière. Le curé, qui en est à sa dixième plainte, est excédé.

Mercredi matin 30 janvier, le curé Stéphane Esclef découvre des tags christianophobes sur les murs de l’église : « Curé sale poukave, bouffe ta soutane ou ta morale », « La seule église qui illumine est celle qui brûle », « Tous les pouvoirs sont assassins, ni dieu, ni maître »…

« Je suis à l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville depuis un an et demi. Ça fait près de dix fois que nous avons droit à ce genre d’insultes et ça va crescendo », et les paroissiens se font également insulter.

« Les faits sont d’autant plus graves que bien souvent les inscriptions sont faites sur un mur donnant sur la rue Fessart, où se trouve également une école. Vous imaginez ce que peuvent ressentir des enfants en lisant des choses comme celles-ci ? », ajoute Stéphane Esclef.

En décembre, un prêtre a été étranglé, un autre a reçu des coups de poing, et une femme a été giflée, par un groupe de cinq jeunes, toujours les mêmes, qui ont été interpelés mais qui seront très vite en mesure de recommencer. Cela commence à ressembler à ce qui se passe en Egypte ou à Bethléem en terre sainte : les Chrétiens étaient là bien avant les Musulmans, mais maintenant ils chassent les Chrétiens.



Le curé espère qu’il y aura davantage de patrouilles de police. « Ce n’est un secret pour personne, il y a des attroupements la nuit, des jeunes qui fument… La délinquance est visible, mais rien n’est fait. »

Le maire PS du 19e, François Dagnaud, a condamné « fermement cette agression insupportable » et a demandé « au préfet de police de renforcer sans délai la protection de l’église ». Bertrand Delanoë a dénoncé des « insultes qui trahissent la lâcheté et la bêtise de leurs auteurs ».

S’agissant de la 10e agression christianophobe, si « condamner fermement » est la seule chose que sait faire le maire PS, il est urgent de le remplacer – même si la sécurité des habitants est du ressort de la préfecture, car il est évident que le PS ne va pas, juste avant des élections, défaire ses alliances historiques avec l’extrême gauche.

Jean-Jacques Giannesini, conseiller de Paris et tête de liste UMP-UDI-Modem aux élections municipales dans l’arrondissement, dénonce « ces dégradations récurrentes » car « rien n’a jamais été fait pour protéger cette église qui accueille chaque dimanche de nombreux paroissiens », et il demande l’installation de caméras de vidéosurveillance ainsi qu’un « dispositif d’éclairage public adapté autour de l’église ». "



lundi 3 février 2014

HOLLANDE DANS LA LISTE DES " ISLAMOPHOBES AWARDS "



" La très respectable Commission des Droits de l’homme de l’islam (IHRC) invite les internautes à se joindre à son combat pour la justice, en décernant les Islamophobes Awards 2014.

Ci-dessous, la liste des candidats pour l’Europe et l’Asie centrale montre que les islamistes n’ont pas les mêmes critères que les journalistes. Aucune des personnalités que les médias désignent habituellement comme islamophobes n’y figurent.

Pas de Fdesouche, de Dreuz.info, de Marine Le Pen, de Ivan Rioufol, d’Elisabeth Levy, ou d’Eric Zemmour.

Pas de Jean-François Copé et ses pains au chocolat ni de Véronique Genest et sa peur de l’islam. Le Monde et le Nouvel Obs, créateurs de la « fachosphère », et les Y’a Bon Awards sont totalement à coté de la plaque.

Car il vaut mieux s’adresser au bon Dieu Allah qu’à ses saints : les islamistes savent qui sont les vrais islamophobes, et la Commission des Droits de l’homme de l’islam ne peut être soupçonnée ni d’amateurisme ni d’être … partisane.

Voici donc leur liste pour l’Europe et l’Asie centrale : deux personnalités françaises y figurent, et elles sont de gauche. Il n’y a personne à droite, et encore moins à l’extrême droite :

Francois Hollande, pour l’invasion du Mali
Ilham Aliyev, pour la persécution des musulmans d’Azerbaijan
Geert Wilders, …form not big enough
Pia Kjærsgård, du Parti populaire danois, pour avoir dit que les Musulmans sont à « l’état inférieur de la civilisation, avec leurs coutumes cruelles et primitives… »
Caroline Fourest, pour ses déclarations trompeuses sur l’origine du terme Islamophobie, et pour avoir proféré des attaques et diabolisé les musulmans en les traitant de radicaux que l’on doit rejeter.

Que vont dire nos médias ? Que les islamistes n’y connaissent rien en islamophobie, c’est évident ! "

APRES LEONARDA, LES LUNGOLO

" Leonarda – mais pas sa famille – avait eu la permission de revenir en France pour faire ses études. C’est le président de la République en personne qui le lui proposa.

Ne pouvant se résoudre à accepter une proposition aussi scandaleuse, elle décida donc de rester au Kosovo, pays d’origine de sa famille, où la France l’avait expédiée. Elle y coule depuis des jours bien ennuyeux à regarder la télévision toute la journée… parce que l’école, pour Leonarda, bof… Alors, quand le tribunal administratif refuse, fin janvier, d’accorder aux Dibrani un titre de séjour, la pauvre, déjà plongée dans un désespoir sans nom, s’exclame : « Je vais me tuer… »

Mais non, Leonarda, tu es pleine de ressources ! Regarde, depuis la dernière fois que tu pensais déjà te suicider, tu as pris le dessus. Allez, va, retourne au collège, au moins, ça te changera les idées.

Mais Leonarda n’a pas fini de déprimer, la famille Lungolo vient de lui voler la vedette. Les Lungolo sont quatre : papa, maman et les deux fils dont l’un s’appelle Dieu. Ça ne s’invente pas.

Venus de la République démocratique du Congo, ils arrivent en Belgique en 2012. Pas de bol, ce royaume finira par refuser leur demande d’asile. Qu’à cela ne tienne, ils échouent à Saint-Brieuc et sont pris en mains par le RESF qui trouve à les loger, d’abord trois mois dans un hôtel de Loudéac, et huit jours dans un « établissement de bonne réputation », face à la gare de Dinan.

Mais, en application du droit européen, un arrêté préfectoral impose à la famille de repartir en Belgique d’où, le 22 janvier, ils sont expulsés vers le Congo, par avion spécialement affrété avec une escorte de six policiers.

Eh bien, dès lundi, les Lungolo réapparaissaient – illégalement – sur le sol français ! Et, en pays socialiste, pareils risques valaient bien un tel honneur : Noël Mamère les a invités à tenir une conférence de presse devant l’Assemblée nationale, afin d’y expliquer comment ils ont décidé d’appliquer le droit « Lungolo » de préférence aux lois belges et françaises. Ne doutons pas que la situation de danger de mort vécue par monsieur Lungolo au Congo, si elle n’a pas ému la Belgique, a dû faire pleurer monsieur Mamère à chaudes larmes.

Au moins 20.000 euros, selon le RESF lui-même, c’est la somme payée par les contribuables pour l’expulsion de ces quatre illégaux. Une politique migratoire absurde, brutale, ruineuse… et inutile, précise-t-il. Absurde et brutale, ce n’est pas sûr, mais ruineuse et inutile, ce n’est pas faux.

La justice n’a plus qu’à accorder à la famille en attente de régularisation de nouvelles nuits d’hôtel aux frais des contribuables français, qui vont venir s’ajouter aux cent nuits déjà dépensées.

À côté des 595.000 euros donnés à la famille Dibrani sur une durée de quatre ans sur notre territoire, on se dit qu’avec la famille Lungolo, il y a de la marge. Ca devrait remonter le moral de Leonarda. "

ET DEMAIN A QUELLE RÉPRESSION FAUT-IL S'ATTENDRE ?

" La droite, la gauche… Deux sensibilités, deux partis, deux France qui structurent notre histoire depuis près de deux cents ans et dont l’alternance au pouvoir est comme la pulsation de notre vie politique. Même si la tonalité en est pacifique, même si elle se situe sur un plan avant tout moral, même s’il s’agit moins de chercher de nouveaux poux à Hollande que de défendre une conception traditionnelle de la famille, même si les réponses que donne la société à des questions de conscience ne recoupent pas exactement la frontière entre les deux camps, il n’est pas douteux que les organisateurs, les participants et les slogans de la Manif pour tous se situent plutôt à droite, et que voir la droite descendre dans la rue – ce qui lui est moins habituel et moins familier qu’à la gauche – éveille l’étonnement, l’agacement et finalement l’inquiétude de celle-ci.

De là à susciter le déferlement d’analyses alarmistes, de titres provocateurs, de propos outranciers et de mises en garde solennelles que l’on pouvait relever hier matin, avant même que le premier manifestant se soit manifesté entre l’École militaire et la place Denfert-Rochereau, il y a un pas qu’ont franchi gouvernement et médias avec une allégresse et un ensemble qui donnaient l’impression très nette d’une manœuvre concertée.

Chargé du maintien de l’ordre public et de la paix sociale, ce dont ses comportements récents permettent de douter, le ministre de l’Intérieur (et des Cultes) s’est exprimé dans l’interview qu’il a accordée au Journal du Dimanche dans des termes que n’aurait pas désavoués, ces derniers jours, son homologue ukrainien. Au trébuchet de quelle balance, et avec quelles arrière-pensées M. Manuel Valls a-t-il pesé des mots qui ne sont pas dignes de ses responsabilités ? À en croire le lointain successeur de Georges Clemenceau, « la République reste fragile… Des forces sombres se sont mises à prospérer… Le point commun avec les années trente, c’est cet antirépublicanisme et la détestation violente dans les mots comme dans les actes de nos valeurs et de nos principes. Derrière tout cela, c’est la France qui est visée dans son idéal… Nous assistons à une union des extrêmes. C’est du jamais vu en France (sic)… J’appelle tous les républicains à réagir… La démonstration est faite une bonne fois pour toutes que le FN (qui ne s’est guère associé à la Manif pour tous et moins encore à Jour de colère, NDLR) est une formation d’extrême droite qui n’est pas sortie d’une idéologie nauséabonde… »

Le Monde daté dimanche-lundi faisait chorus en titrant sur cinq colonnes à la une sur « Le réveil de la France réactionnaire ». Le Parisien-Dimanche, pas en reste, faisait sa manchette sur « La France crispée » et évoquait l’émeute factieuse du 6 février 1934. France Inter, sans surprise, confirmait une fois de plus que, pour être radio de service public, on n’en est pas moins radio de parti pris, et donnait la parole à une historienne selon qui les manifestations « de droite » véhiculent la haine et l’appel au meurtre, comme chacun a pu le constater le 30 mai 1968, le 24 juin 1984 ou le 24 mai 2013. « Un papa, une maman » et les petits drapeaux bleus et roses rappellent à cette dame les défilés des Ligues et les parades de Nuremberg.

Bref, d’un côté, on l’a compris, il y a les forces du Bien, du Progrès, des Lumières, le camp des Petits saints. De l’autre, la Bêtise au front de taureau, la Réaction, le Mal et, bien sûr – coucou la revoilà –, la Bête immonde.

À quelles lois scélérates, à quelle répression policière et judiciaire veut-on nous préparer ? Et si ce n’est pas le cas, n’y aurait-il pas là au moins quelque excès ? "

L'UMP SAISIT LA COMMISSION DES COMPTES DE CAMPAGNE DU PS

" La visite du ministre de l’Intérieur à Marseille doit être intégrée aux comptes de campagne du candidat PS Patrick Mennucci, selon l’équipe UMP...

Les co-directeurs de campagne du maire (UMP) sortant de Marseille Jean-Claude Gaudin, candidat à sa succession, ont écrit à la commission des comptes de campagnes pour lui demander d'inscrire les frais du dernier déplacement de Manuel Valls à Marseille sur les comptes de campagne du candidat PS Patrick Mennucci.

«Bien que cette visite ait été annoncée comme un déplacement ministériel officiel dépourvu de lien avec la campagne municipale, celle-ci a été organisée de manière à être médiatisée à l'extrême», écrivent dans une lettre adressée à la commission Martine Vassal et Bruno Gilles, co-directeurs de campagne de M. Gaudin, dans une lettre dont l'AFP a eu copie dimanche.

«Mélange des genres», selon Jean-Claude Gaudin

«Inévitablement, la presse écrite et audiovisuelle a largement relayé les images de ce déplacement et les propos tenus par le ministre, alors que M. Gaudin avait programmé le jour-même la présentation de ses propositions en matière de sécurité», poursuivent-ils. Ils critiquent par ailleurs la présence de M. Valls à l'inauguration de la permanence de campagne d'une des têtes de listes PS à Marseille.

«Cette présence assumée (...) achève de donner au déplacement du 27 janvier une tonalité clairement politicienne, pour ne pas dire électorale», jugent les deux responsables politiques qui demandent «l'inscription des frais de déplacement de M. Valls aux comptes de campagnes de M. Mennucci».

Lors de cette visite, durant laquelle le ministre avait participé à une réunion en préfecture avant de se rendre dans les quartiers nord, Jean-Claude Gaudin avait dénoncé un «mélange des genres». "

GRAND SUCCES DE LA MANIF POUR TOUS

" Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans le calme dimanche à Paris et à Lyon pour protester contre la politique familiale du gouvernement, dans le prolongement du mouvement contre le mariage homosexuel.

Les organisateurs ont revendiqué plus de 500.000 participants pour la manifestation parisienne, organisée entre l'Ecole militaire (VIIe Arrondissement) et Denfert-Rochereau (XIVe), et 40.000 dans le centre de Lyon. La préfecture de police en a dénombré 80.000 à Paris et 19.500 à Lyon.

Une semaine après le "jour de colère" organisé par plusieurs organisations, certaines issues de l'extrême droite, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a dénoncé l'émergence d'un "tea party à la française", s'attirant les foudres de l'UMP qui l'accuse de vouloir promouvoir un "noyau dur" de l'opposition pour l'affaiblir.
Fer de lance de l'opposition au mariage gay voté l'an passé, le collectif "La Manif pour tous" appelait à la mobilisation pour la défense de la famille menacée, selon lui, par le gouvernement et sa majorité.

Il les soupçonne, malgré les nombreux démentis, de vouloir étendre la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes à l'occasion du débat parlementaire sur la future loi sur la famille et de chercher à légaliser la gestation pour autrui (GPA) avant la fin du quinquennat.

"C'est toujours le même message, simplement on voudrait qu'il soit entendu. Le message, c'est la défense des droits de l'enfant et de la famille. Un enfant a droit à un père et une mère", a déclaré Michel Girard, un manifestant venu de l'Oise.

Pour Séverine Chevrier, de Paris, "pas grand'chose n'a changé" depuis les manifestations contre le projet de loi sur le mariage homosexuel avant son adoption le printemps dernier.

"FRONDE DES ANTI"
"M. Hollande ne nous écoute pas, ne veut pas dialoguer avec nous. En revanche, M. Valls a été très clair dans ses propos vis-à-vis de nous : il va tout faire pour nous faire taire mais nous on est dans notre bon droit, on a le droit de s'exprimer, on a le droit d'être dans l'opposition."

Dans une interview au Journal du dimanche, le ministre de l'Intérieur a exprimé son inquiétude face au climat actuel, déclarant que l'on assistait "à la création d'un tea party à la française", une référence à l'aile ultra-conservatrice du Parti républicain américain.

"S'engouffrant dans la crise de projet et de leadership de la droite, et face au recentrage du Front national, une droite conservatrice et réactionnaire s'est libérée. Avec l'opposition au mariage pour tous, elle a décuplé ses forces", a-t-il dit.

Et Manuel Valls de dénoncer une "fronde des anti : anti-élites, anti-impôts, anti-Parlement, anti-journalistes", avant d'appeler la droite républicaine "à se démarquer clairement des mouvements qui n'acceptent pas la démocratie et les choix du Parlement".

Présent parmi les manifestants, le député UMP Henri Guaino a accusé le ministre de l'Intérieur de décrire "la stratégie d'une partie de la gauche, qui veut par tous les moyens, par une politique qui divise, faire naître un noyau dur radicalisé de façon à affaiblir l'opposition".

DIX-HUIT INTERPELLATIONS
L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Elysée a estimé que les manifestations marquaient "le refus de cette politique de destruction systématique de tout ce qui nous permet de vivre ensemble, de cette politique du fait accompli, disons-le presque du coup de force dans laquelle on met tout le monde au pied du mur sous prétexte que la majorité est majoritaire".

D'autres députés UMP, comme Claude Goasguen et Philippe Gosselin, ont défilé à Paris, de même qu'à Lyon Hervé Mariton et trois de ses collègues.

Le Front national était aussi représenté à Paris, avec la députée Marion Maréchal-Le Pen, et à Lyon. Des représentants religieux, le cardinal Philippe Barbarin et le recteur de la grande mosquée de Lyon Kamel Kabtane, étaient dans les premiers rangs du cortège dans la capitale des Gaules.

Après les débordements du "jour de colère", un important dispositif de sécurité a été mis en place, mobilisant 1.500 policiers à Paris entre l'Ecole militaire (VIIe arrondissement) et Denfert-Rochereau (XIVe), et 600 dans le centre de Lyon.

La préfecture de police a fait état de l'interpellation, en marge de la manifestation, de 18 personnes, dont un dirigeant du GUD, un mouvement étudiant d'extrême droite, pour des contrôles d'identité. Une d'entre elles a été placée en garde à vue pour détention de fumigènes.

La manifestation de dimanche est intervenue par ailleurs après une vive polémique sur une expérimentation, dans des écoles primaires, de cours sur "l'ABCD de l'égalité" pour lutter contre les stéréotypes filles-garçons, ses opposants y voyant un début d'enseignement de la "théorie des genres qui nie l'altérité homme-femme".

"On a prouvé que ce n'était pas une rumeur, la théorie du genre est bien enseignée à l'école", a déclaré Anne Lorne, coordinatrice de "La manif pour tous" à Lyon. "Nous sommes pour la lutte contre l'homophobie mais contre l'éducation sexuelle à l'école primaire." "