lundi 17 février 2014

COUR DES COMPTES : TOUR D'HORIZON DU DÉFICIT PUBLIC

" Le rapport annuel de la Cour des comptes, remis lundi à François Hollande par son premier président Didier Migaud, pointe en premier lieu un risque de dérapage du déficit public, mais aussi comme à l’accoutumée une série de dysfonctionnements et de points à améliorer. Tour d’horizon.
• Entaille à l’égalité d’accès aux transports. Les «facilités de circulation» de la SNCF accordées par l’entreprise à ses employés et à leurs proches, notamment la gratuité et les fortes remises sur les billets, posent «problème» selon la Cour. Instaurées en 1938 pour aider les familles de cheminots face à la forte mobilité des employés, elles n’ont aujourd’hui plus lieu d’être selon la Cour des comptes.

• Contrôles sanitaires insuffisants dans l’alimentation. La fréquence des rapports d’inspection a fortement baissé au cours des quatre dernières années, et les défaillances ne font pas l’objet de sanctions suffisantes, pointe l’institution, qui dénonce des «anomalies graves» dans un secteur encore marqué par la crise de la viande de cheval présentée comme du bœuf.

• Gestion inefficace des universités parisiennes. La Chancellerie des universités de Paris, qui a la charge de gérer le patrimoine des facultés de la capitale, ne remplit pas sa mission de façon efficace et constitue à ce titre un «établissement public à supprimer» selon la Cour, qui préconise de transmettre ses attributions au rectorat.

• Réforme indispensable du CNDP. Le Centre de documentation pédagogique, qui épaule les enseignants dans le choix des supports utilisés en cours, est quant à lui jugé «obsolète» et «inefficace». Ce coup de règle sur les doigts intervient en pleine polémique lancée par Jean-François Copé sur le livre Tous à poil.

• Gestion mal définie des internats. Les différents types d’internats publics font l’objet d’une politique de relance «chaotique» et source de confusion pour les établissements, selon la Cour, qui pointe aussi l’absence de définition du concept des «internats d’excellence».

 Concernant les finances publiques en général, Didier Migaud a jugé mardi que le gouvernement faisait certes des efforts «considérables» de discipline budgétaire, mais qu’il péchait encore par excès d’optimisme. Le premier président de la Cour des comptes a ainsi jugé dans un discours qu’il existait «un risque significatif» que le déficit public 2013 de la France excède l’objectif gouvernemental de 4,1% du produit intérieur brut.

Pour l’année en cours, «l’atteinte de l’objectif de déficit public» du gouvernement, soit 3,6% du PIB, «n’est pas assurée à ce stade», a-t-il dit, ajoutant que l’effort de réduction de la dépense publique devait être «poursuivi et amplifié sur les trois prochaines années». Didier Migaud, à l’occasion de la présentation toujours très solennelle du rapport annuel de la Cour des comptes, sa publication la plus importante de l’année, a certes reconnu que l’effort de discipline budgétaire l’an dernier avait été «considérable».

Il s’est aussi félicité de la volonté du gouvernement de ne faire reposer la réduction du déficit cette année que sur une baisse des dépenses, plutôt qu’une hausse des prélèvements, ce qui est «une orientation préconisée de longue date par la Cour». Mais au-delà de ce satisfecit, il a épinglé un «excès d’optimisme» du gouvernement pour ce qui concerne les hypothèses de recettes fiscales l’an dernier, assénant qu’il s’agissait d’un travers «récurrent» en France et qu’il «serait heureux que ces pratiques cessent».

Pour 2014 également, le gouvernement serait trop optimiste par certains aspects : Didier Migaud a indiqué qu’une part des économies prévues «n’était pas documentée à ce stade» et que «certaines apparaissaient surestimées». «La tenue des objectifs de dépenses de l’Etat apparaît possible, mais nécessitera d’importantes annulations de crédits pour y parvenir», a-t-il averti.

Le premier président de la Cour des comptes a appelé par ailleurs à «mieux partager» l’effort de rigueur, en se tournant vers les acteurs publics qui y ont jusqu’ici «le moins contribué», à savoir, selon lui, les collectivités territoriales et le secteur de la protection sociale. Il a qualifié la «dette sociale croissante» en France de «profonde anomalie». Pour les années à venir, il a jugé que «compte tenu du retard pris, l’effort sur la dépense devra être poursuivi et amplifié sur les trois prochaines années» pour tenir l’objectif officiel d’un «retour à l’équilibre structurel des comptes publics en 2016». "

http://www.liberation.fr/economie/2014/02/11/la-cour-des-comptes-met-en-garde-contre-un-derapage-du-deficit-public_979324

dimanche 16 février 2014

BIENTÔT LES TÉLÉPHONES PORTABLES AUTORISES EN PRISON ?

" Les détenus doivent-ils avoir un téléphone portable en prison ? Oui, selon le contrôleur général des prisons Jean-Marie Delarue pour qui il s'agit d'un "facteur considérable d'apaisement" de la détention.

"Je crois que, le jour venu, il faudra autoriser les téléphones portables  en détention". La phrase, volontairement polémique,  a déclenché un tonnerre de réactions. Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de  privation de liberté (CGLPL),  s'est redit favorable  mercredi à ce que les détenus soient autorisés à posséder un téléphone  portable en prison.  Jean-Marie Delarue était auditionné devant la commission  des Lois de l'Assemblée nationale.

Les téléphones fixes susceptibles d'être écoutés 

Aujourd'hui, les téléphones portables sont interdits aux détenus, qui ne  peuvent utiliser librement que les téléphones fixes accessibles dans les  établissements pénitentiaires. Les conversations sur ces postes fixes sont  susceptibles d'être écoutées par le personnel pénitentiaire pour raisons  de  sécurité. Dans un avis du 10 janvier 2011, le Contrôleur avait déjà estimé qu'"une  réflexion (s'imposait) sur les conditions dans lesquelles ces appareils  pourraient être utilisés, dès lors que les mesures de sécurité et de contrôle  légitimes pourraient trouver à s'appliquer".

Rechercher les téléphones portables : un puits sans fond

"Nous épuisons les personnels à la recherche de téléphones portables, qui  est un puits sans fond", a regretté M. Delarue, rappelant qu'aux Baumettes à  Marseille, environ 900 téléphones mobiles étaient saisis chaque année. D'autant que, selon lui, les portables saisis ne sont pas exploités par les  services enquêteurs. Le Contrôleur a dit s'être entretenu du sujet avec des personnels  pénitentiaires afin de connaître leur sentiment. "Ils m'ont dit: ça ne changera  rien, mais ça apaisera considérablement la détention", a-t-il expliqué.


A titre d'illustration, il a évoqué la récente mutinerie survenue à  Argentan (Orne), début décembre. Une quinzaine de détenus s'étaient retranchés  dans une aile du bâtiment et s'étaient livrés à des actes de vandalisme.

Une vingtaine de portables saisis à Argentan

Or, la veille, avait eu lieu, dans cette même aile, une fouille générale au  cours de laquelle on avait saisi une vingtaine de téléphones portables. "Les  personnes détenues à Argentan sont loin de tout. Ce qu'il leur reste, c'est le  téléphone portable", a-t-il expliqué. "Je préférerais qu'on autorise les téléphones et qu'on contrôle, tous les  dix jours, pour savoir qui (le détenu) a appelé", a estimé le Contrôleur.

Comme il l'avait déjà écrit dans un avis du 20 juin 2011, M. Delarue s'est également prononcé pour l'accès des détenus à une messagerie électronique.  "Je ne crois pas que cette messagerie pose des problèmes de nature  différente de celle des courriers", a-t-il fait valoir, rappelant que tous les  courriers, entrant et sortant, étaient lus par le personnel pénitentiaire, pour  raisons de sécurité.

Un administrateur informatique pourrait ainsi contrôler régulièrement  l'ensemble des messages envoyés et reçus par chaque détenu depuis sa boîte de messagerie électronique.     Pour le CGLPL, l'accès à la messagerie électronique serait également, au  même titre que le téléphone portable, "un facteur d'apaisement considérable en  détention, sans aucun risque de sécurité".

"Je souhaite vivement que les pouvoirs publics réagissent à bref délai", a  exhorté M. Delarue. Son audition s'inscrivait dans le cadre de travaux relatifs  à une proposition de loi, qui vise à renforcer les prérogatives du Contrôleur. "


Bon courage aux gardiens....

LES BONNETS ROUGES NE LÂCHENT PAS LE MORCEAU

" Plusieurs centaines de Bonnets rouges - 250, selon la gendarmerie, jusqu'à un millier, selon les organisateurs - se sont heurtés aux forces de l'ordre samedi près d'un portique écotaxe dans le Morbihan, faisant quatre blessés légers, tandis que trois personnes ont été interpellées.

La manifestation à proximité du portique écotaxe de Brec'h, entre Vannes et Lorient, a interrompu la circulation sur la Nationale 165, qui devait être rétablie dans la nuit.

Un membre des forces de l'ordre a été atteint par un boulon à une jambe, selon la gendarmerie, qui a précisé que trois manifestants avaient également été blessés, dont un souffre d'un bras cassé. Un autre manifestant a été victime d'un tir de flashball, selon un responsable des Bonnets rouges.

Trois manifestants ont été interpellés, dont un placé en garde à vue, selon la gendarmerie. Quant aux deux autres, l'un est hospitalisé et l'autre en cellule de dégrisement, selon la même source.

Au cours d'un après-midi tendu, les manifestants, qui se sont dispersés peu avant 19H00, ont lancé des fusées de détresse et des oeufs sur les forces de l'ordre empêchant l'accès au portique et ces dernières ont riposté par des grenades lacrymogènes.

Les forces de l'ordre avaient bouclé le secteur, empêchant les journalistes d'accéder au site en cours d'après-midi, ont constaté un photographe et un vidéaste de l'AFP qui se sont fait refouler.
La RN 165 avait été fermée préventivement à la circulation par les forces de l'ordre et des déviations mises en place. Selon la gendarmerie, la circulation devait être normalement rétablie sur cette route "après travaux, en deuxième partie de nuit".

Les Bonnets rouges avaient annoncé depuis quelque temps cette manifestation qu'ils voulaient "avant tout pacifique", selon l'appel posté sur leur page Facebook. Ils avaient prévu de se rendre à partir de midi à proximité du portique, où devaient se dérouler un pique-nique et des prises de parole. Mais les forces de l'ordre ont pris les devants en interrompant la circulation sur la 2X2 voies dès 10H00, bousculant l'organisation prévue.

- "L'écotaxe, on n'en veut pas" -
"On voulait que ce soit pacifique, mais comme les forces de l'ordre empêchaient les gens d'approcher, ça a énervé tout le monde", a commenté auprès de l'AFP Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère et l'un des principaux animateurs du collectif "Vivre, décider et travailler en Bretagne", à l'origine du mouvement des Bonnets rouges.

"On espère que le gouvernement a compris que le mouvement des Bonnets rouges est loin de s'essouffler. On a encore entendu les propos de (Jean-Marc) Ayrault (Premier ministre) et de (Frédéric) Cuvillier (ministre des Transports) sur l'écotaxe, et on n'en veut pas. Maintenant, on attend le 8 mars et on espère que le gouvernement va adopter une autre position", a poursuivi M. Merret, selon lequel l'un des blessés a été atteint "au front par un tir de flashball à tir tendu".

Le 8 mars, le collectif "Vivre, décider et travailler en Bretagne" organise à Morlaix - ville dont a été l'élue la ministre de la Décentralisation, Marilyse Lebranchu - les "Etats généraux de Bretagne" qui doivent permettre de définir des orientations pour le devenir de la région à partir des observations et propositions faites à travers les "cahiers de doléances" coordonnés ces dernières semaines par la cinquantaine de comités locaux des Bonnets rouges.

Les Bonnets rouges se sont fait connaître fin octobre lors d'une manifestation sous un portique écotaxe dans le Finistère qui avait donné lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre.
Le gouvernement a depuis ordonné la suspension de l'écotaxe poids lourds, qui devait entrer en vigueur au 1er janvier.

Au début du mois, Frédéric Cuvillier a jugé "souhaitable" que le dispositif de l'écotaxe entre en vigueur en 2014, tout en précisant attendre les conclusions en avril d'un rapport parlementaire sur la question.
Depuis la mi-2013, une dizaine de portiques écotaxe ont été soit détruits soit rendus inopérants dans l'Ouest de la France, dont deux au début du mois en Eure-et-Loir et dans la Manche. "

mercredi 12 février 2014

MARINE LEPEN EXPLOSE MOSCOVICI

EDOUARD MARTIN TÊTE DE LISTE PS REFOULE PAR LE SERVICE DE SÉCURITÉ DE VALLS

" Lundi, Manuel Valls était en Moselle pour apporter son soutien au maire de Forbach. Le thème de la journée était, paraît-il, la « sécurité », et Manuel Valls a pu, dès le matin, faire la preuve de sa grande fermeté en la matière : pour la France, on ne sait pas, mais enfin pour le ministre de l’Intérieur – ce qui est déjà un début –, on frôle le zéro défaut. Un cordon de sécurité sans faille. Soyez rassurés, Manuel Valls ne risque rien, personne ne peut l’approcher, pas même ses amis.

Édouard Martin, l’ancien syndicaliste CFDT d’ArcelorMittal promu il y a quelques semaines tête de liste dans le Grand Est aux européennes, devait l’accueillir à Florange… il a été refoulé comme un malpropre. Faisait le pied de grue depuis huit heures du matin, criait haut et fort qu’il avait été mandaté par les élus lorrains, rien n’y a fait. Un ordre est un ordre. On l’a empêché de rejoindre le ministre.

Un peu bourrin, le service d’ordre de Manuel Valls. Ou un peu paranoïaque, comme le patron. Mais, je vous le demande, qui ne le serait pas à leur place ? Assurer la sécurité de Manuel Valls, c’est un boulot terrible. Il faut se méfier de tout et de tout le monde : il y a d’abord les jeunes filles rangées et les jeunes gens bien peignés. Vous font des sourires, se faufilent en demandant pardon de vous avoir marché sur le pied, et une fois devant Valls, sortent comme un diable de leur boîte en agitant des drapeaux roses LMPT.

Mais la France de la diversité, celle des capuches et des tchadors, ces derniers temps, ne vaut pas mieux… Jamais à l’abri d’une quenelle dans le dos ou d’une question désagréable sur la théorie du genre. Une bande d’ingrats. Qui oublient qu’on a largué pour leurs beaux yeux tout le monde ouvrier… Dont, de ce fait, ben voilà, on doit aussi se méfier. Rien de plus rancunier qu’un métallurgiste de Florange. Et puis, fort comme un turc. Alors quand on voit un plouc gouailleur, gaulé comme une armoire lorraine, entouré de deux syndicalistes en « chasuble orange », on ne peut pas deviner, non plus, qu’il est anobli de l’avant-veille, adoubé candidat PS, et qu’il fait donc partie de l’élite qui peut entrer dans le carré VIP. C’est le problème des parvenus, leur extraction continue longtemps de leur coller à la peau.

Puis le service d’ordre, lui, ne fait que le pointage à l’entrée. Si Édouard Martin n’était pas sur la liste, c’est que Manuel Valls l’avait oublié. Zappé. Le trou noir. Complètement sorti de l’esprit. Comme la femme de ménage que l’on a invitée au mariage parce qu’elle a donné un coup de main pour déplacer les chaises et finir de coudre l’ourlet du cortège, mais que l’on n’a pas marquée sur le plan de table. Pas par méchanceté mais parce qu’on n’y a pas pensé. Alors, elle reste dehors sous la pluie d’un pied sur l’autre, gênée comme Édouard Martin qui répétait lundi : « Après, c’est pas grave, hein, je vais pas non plus lui courir après… » Ce héros de Zola, qui pensait pourtant qu’il suffirait de se vendre au PS pour passer de Germinal à La Conquête de Plassans, et taper dans le dos de celui qui, par-delà les Pyrénées, fut autrefois – quand il s’appelait Eduardo Martin Benitez – son compatriote.

Mais il paraît que la boulette a été réparée. Selon le cabinet du ministre, « Édouard Martin a pu s’entretenir avec Manuel Valls »… Et lui a peut-être offert son livre, Ne lâchons rien ? Un titre qui sonne comme une sage résolution, car pour qu’au PS on ne pense pas seulement à lui pour racoler les ouvriers, le métallo va devoir s’accrocher. "