mercredi 7 août 2013

LIBERE FAUTE DE PLACE EN PRISON : UN EVENEMENT BANAL

 " La remise en liberté, le 1er août dernier, de trois malfaiteurs censés être placés sous écrou par le parquet de Chartres au prétexte que la prison locale était pleine a suscité l'indignation politique et médiatique. Mais, cet évènement est-il vraiment un cas isolé ? Toutes les peines de prison  sont-elles exécutées en France ?   

Alexandre Giuglaris : Dreux n'est malheureusement pas une exception mais juste le révélateur d'un dysfonctionnement bien courant dans notre pays, l’inexécution des peines de prison. Chaque année entre 80 000 et 100 000 peines de prison sont inexécutées ou en attente d’exécution. C’est même plus que le nombre de personnes qui entrent en prison chaque année (88 058 en 2011). L'impunité n'est pas seulement une impression, c'est un fait statistique. Cette inexécution des peines est un scandale car c'est une rupture de l'égalité de tous devant la justice, principe fondamental de notre démocratie et c’est, par ailleurs, une attaque directe de l’autorité et de la crédibilité de la justice. On ne peut comprendre le sentiment d’impunité, si répandue dans notre société, sans avoir à l’esprit ces chiffres alarmants et malheureusement constants depuis plusieurs années. Cette impunité est dramatique dans le cadre de la prévention de la délinquance, car elle encourage récidive et réitération. L'impunité est le mal de notre justice pénale et le manque de places de prison en est l’un des principaux facteurs. 

Christiane Taubira a demandé des explications au parquet. Pourtant, la ministre a récemment émis une  circulaire dans laquelle  elle demande, de façon très explicite, aux magistrats placés sous sa tutelle de "veiller tout particulièrement à l'aménagement des peines d'emprisonnement." N'y a-t-il pas une forme d'hypocrisie dans sa réaction ?  Cette affaire peut-elle être vue comme la conséquence directe de la politique pénale de la garde des Sceaux ? La non incarcération des trois personnes condamnées n’est malheureusement pas une surprise. En effet, cela correspond tout à fait à la politique pénale que souhaite mettre en œuvre Christiane Taubira, notamment à travers sa circulaire du 19 septembre 2012 qui incite à tenir compte de la surpopulation carcérale ou lors de la conférence dite de consensus sur la récidive. 

Madame Taubira se trouve aujourd’hui confrontée à la concrétisation de la politique pénale qu'elle défend depuis plus d'un an maintenant. On en voit les résultats et les critiques légitimes. L'onde de choc de cet événement dans l'opinion démontre le décalage entre la volonté de la Garde des Sceaux et les attentes des justiciables. C’est ce que nous ne cessons de dire à tous les parlementaires que nous rencontrons, majorité et opposition confondues. François Hollande doit à présent mettre un terme a ces errements et trancher le conflit entre ses ministres. Ce qui est certain, c'est qu'il est irresponsable d'engager la réforme pénale prévue à la rentrée alors que des membres du Gouvernement ont manifesté publiquement leurs désaccords sur la politique à mener. Cette réforme doit être abandonnée. 

Peut-on parler "d'impunité institutionnellement organisée" ? Il y a dans les discours laxistes et dans les actes de la Garde des Sceaux depuis un an des éléments qui sont parfaitement compris par les délinquants et entretiennent un climat d’impunité qui n’est malheureusement pas nouveau. 

Mais la question qui se pose aujourd’hui est peut-il y avoir d’autres situations de ce type ? La réponse est évidemment oui tant que l’on n’aura pas engagé le plan de construction de 20 000 places de prison qui manquent dans notre pays. Le Ministre de l’Intérieur semble prendre conscience de l’ampleur des dysfonctionnements dans notre système judiciaire tout comme il regrettait, il y a quelques années et à juste titre dans un de ses livres, l’ampleur de l’inexécution de peines. Il est en même temps, le Ministre le plus populaire car dans l’opinion publique il n’y a pas de clivages sur ces questions comme nous le mesurons régulièrement avec l’Institut CSA. Il faut que l’idéologie laisse la place au pragmatisme et que la réforme pénale prévue par Mme Taubira soit abandonnée. "

CONDAMNATIONS : AUSSI FORT A DROITE QU'A GAUCHE !

" Des dizaines de détenus pourraient être libérés de prison sur la base d'un arrêt récent de la Cour de cassation sur les conditions d'application de la prescription, écrit Le Canard enchaîné à paraître mercredi. Le ministère de la Justice précise qu'à ce jour quatre personnes ont été libérées sur la base de cette "jurisprudence restrictive" après la vérification de 628 condamnations.

Au total, les parquets généraux doivent procéder à la vérification de 3 499 condamnations, précise-t-il dans un communiqué. L'article de l'hebdomadaire satirique est publié en pleine polémique lancée par l'opposition à l'encontre de la ministre de la Justice Christiane Taubira sur la non-incarcération de trois délinquants à Chartres. Mais l'erreur initiale de l'administration a été commise sous un gouvernement de droite.

Pas de règle entre 2004 et 2012

Dans un arrêt rendu le 26 juin, la Cour de cassation a en effet estimé qu'un décret de 2004 qui définissait les modalités d'interruption de la prescription par une série d'actes du ministère public, d'un juge de l'application des peines ou du Trésor ne pouvait s'appliquer. Les conditions dans lesquelles la prescription peut être interrompue doivent être fixées par la loi et jamais par décret, aurait tranché la plus haute juridiction française.

Cette erreur a été corrigée en 2012 par l'ancien ministre de la Justice Michel Mercier, souligne Le Canard enchaîné. Mais la nouvelle loi ne règle pas la situation antérieure, entre 2004 et la date de la rectification. La chancellerie confirme avoir en conséquence demandé aux parquets généraux "de procéder à la vérification des condamnations susceptibles d'entrer dans le champ de cette jurisprudence restrictive".

"En l'état des vérifications qui sont terminées pour 10 cours d'appel, pour un total de 628 condamnations, quatre personnes, dont les peines délictuelles (de 4 à 10 mois pour des faits de violences conjugales, vol aggravé et dégradation, abus de confiance, falsification de chèques et usage notamment) avaient été ramenées à exécution, ont donc été élargies" (remises en liberté), dit le communiqué. De nouvelles instructions ont été données pour que les vérifications se terminent sans délai, ajoute la chancellerie. "


Comme ça ils pourront recommencer tranquillement !

ACCEUIL DES MINEURS ETRANGERS : UN PRESIDENT DE CONSEIL GENERAL DIT " STOP "

" Les ministres de la Justice Christiane Taubira et de l'Intérieur Manuel Valls ont "déploré" mardi la décision "illégale" de Jean Arthuis, président du conseil général de Mayenne (UDI), de mettre fin à tout nouvel accueil de mineurs isolés étrangers dans le département. 
Un arrêté du 24 juillet signé par le sénateur et ancien ministre met fin "à tout nouvel accueil de jeunes étrangers isolés par le service de l'aide sociale à l'enfance" dans la Mayenne. 
A travers cette décision, le département se met "en contravention avec la loi", ont réagi les ministres dans un communiqué conjoint. 
Le préfet de la Mayenne a demandé le retrait de "cet acte illégal", qui, à défaut, sera contesté devant la juridiction administrative, selon le communiqué. 
Les ministres rappellent que "le département exerce une compétence obligatoire dans le domaine de la protection de l'enfance (...) de l'action sociale et des familles qu'il ne peut refuser d'exercer". 
"L'Etat ne saurait accepter de distinguer les mineurs accueillis en fonction de leur nationalité", affirment les ministres. Ils soulignent que le nouveau protocole d'accueil signé fin mai a permis "une meilleure répartition" entre les départements de "400 jeunes mineurs étrangers arrivés sans attaches familiales" sur le territoire. 
Dans un entretien avec l'AFP, M. Arthuis avait déclaré que cet arrêté était "une alerte adressée au gouvernement car nous sommes arrivés à saturation" en matière d'accueil. Cet arrêté a un "caractère provisoire, et restera valable jusqu'à ce que nous ayons de la place (...)", avait-il précisé. 
L'accueil des mineurs étrangers, "c'est la responsabilité de l'Etat, pas des départements", avait estimé M. Arthuis, assurant que "le problème, c'est le contrôle aux frontières".  "

GENS DU VOYAGE : UN MAIRE MENACE DE SE SUICIDER

" Paul Renaudat explique qu'il ne supportait plus l'installation sans autorisation de 35 familles de gens du voyage sur sa commune du Cher.
Excédé par la présence de gens du voyage dans sa commune, Paul Renaudat, maire de Chavannes (Cher), a menacé de mettre fin à ses jours. Le 29 juillet au matin, il a contacté la radio locale RDB et la gendarmerie de Saint-Amand pour les alerter sur un possible passage à l'acte, après l'installation de 35 familles de gens du voyage sur sa commune, rapporte Le Berry républicain.
Devant plusieurs personnalités politiques locales, il a expliqué les raisons de son geste, ce lundi, après le départ des caravanes. "Je n'ai pas donné d'autorisation de stationnement et j'ai été obligé de subir leur présence pendant une semaine. J'ai eu le sentiment d'avoir failli à ma mission de maire et c'est pourquoi j'ai voulu en finir avec la vie", a déclaré Paul Renaudat, selon le quotidien régional qui évoque également la pression des administrés.
Il pourrait récidiver
"À la prochaine caravane qui s'installe sur le terrain, je disparaîtrai. C'est tout ce que j'ai à dire", a-t-il par ailleurs prévenu. Le maire a déploré plusieurs dégradations dans le cimetière de Chavannes, situé à proximité du stade de la commune où les gens du voyage avaient élu provisoirement domicile la semaine dernière.
Les caravanes ont depuis rejoint Fussy, une commune, située à une quarantaine de kilomètres de Chavannes, qui a autorisé leur venue. "

QUAND HOLLANDE DONNE SES INSTRUCTIONS AUX JOURNALISTES

" Le déjeuner s'est fait discret et les participants ont promis de "ne rien dire". François Hollande a participé, lundi 5 août, à un déjeuner organisé dans les locaux du Monde en compagnie de journalistes, ont révélé Le Lab d'Europe 1 ainsi que plusieurs journalistes sur Twitter, dont Claude Askolovitch.

Le site rapporte que le chef de l'Etat, arrivé vers 13h10 avec un seul conseiller, a déjeuné avec "une petite dizaine de journalistes" pendant près de 2h30. "Il a répondu à toutes nos questions et ne semble pas être venu pour faire passer un message en particulier", témoigne un participant anonyme auprès du Lab. Le contenu des conversations était "totalement off". Autrement dit, les journalistes s'engagent à ne pas divulguer ce que François Hollande leur a dit, une pratique qui est décriée dans la profession.
Alors que Le Monde n'a pas souhaité commenter ce rendez-vous, un journaliste de L'Express a contacté l'Elysée et tweete, laconique, l'explication du palais présidentiel concernant ce déjeuner : selon l'Elysée, François Hollande a ainsi souhaité répondre à "la première invitation d'une rédaction". "


Qui est assez naïf pour croire ça !?

DES MULTIRECIDIVISTES ROMS ARRETES

" Trois hommes accusés du vol d'une bijouterie de Cambrai dans lequel la propriétaire, veuve depuis un précédent braquage, avait été blessée ont été interpellés et deux ont été mis en examen lundi. L'un d'entre eux, âgé de 24 ans et considéré comme le principal agresseur, l'a été pour tentative de meurtre "précédé, accompagné ou suivi d'un crime", "une qualification qui correspond à ce que (la bijoutière) a indiqué avoir vécu", a souligné le procureur de la ville du Nord, Eric Vaillant. 

Il est également poursuivi pour association de malfaiteurs, vol en bande organisée avec arme et violences avec arme -commises contre une cliente du commerce. 

Le deuxième, âgé de 20 ans, soupçonné d'être le chauffeur, a été mis en examen pour vol en bande organisée avec arme. 

Le troisième homme interpellé, arrêté très tôt lundi matin dans la banlieue de Bruxelles, suite à l'interpellation des deux autres suspects jeudi 1er août en début de soirée à Châtillon, dans les Hauts-de-Seine, doit encore être extradé vers la France. Il est âgé de 28 ans. 

Trois mis en examen connus pour des faits de vols dans toute la France
C'est la garde à vue des deux hommes arrêtés en France qui a mené au troisième, qui est le frère d'un des deux premiers suspects. 

Ces trois membres de la communauté Rom de Roumanie sont connus sous plusieurs identités pour des faits de vols commis dans toute la France, qu'ils écumaient pour certains d'entre eux depuis une dizaine d'années. 

Le plus jeune des trois a été arrêté par les services de police à 31 reprises depuis 2005, pour des faits commis en région parisienne, mais aussi à Marseille, Aubagne, en Bourgogne, à Orléans ou encore à Lens. 

Une enquête complexe
La police judiciaire avait effectué une centaine de prélèvements ADN dans la boutique, sur la victime, et dans un véhicule retrouvé aux abords de la bijouterie et présumé appartenant aux braqueurs. Les policiers sont rapidement tombés sur des profils ADN enregistrés, mais les multiples identités correspondantes ont rendu difficile la localisation des auteurs, a expliqué une source proche du dossier. C'est l'enquête de voisinage, notamment sur l'acquisition du véhicule, qui a mis les enquêteurs sur la voie, a précisé cette source. 

Le procureur a salué "l'excellent travail de la police judiciaire". 

L'enquête se poursuit pour retrouver un quatrième malfaiteur. 

Pour le meurtre du mari de la bijoutière, remontant à 2011, trois jeunes gens du nord de la France avaient été condamnés en mars à des peines de 7 à 20 ans de prison. "

lundi 5 août 2013

AGRESSIONS : LE QUOTIDIEN DES POMPIERS

" Les agressions de pompiers sont-elles en hausse?
Serge Herard, président du syndicat Avenir Secours - C'est un phénomène qui existe depuis une quinzaine d'années. Mais il est difficile de dire s'il devient de plus en plus important. Il peut y avoir des périodes de calme, puis des augmentations des agressions sans que l'on puisse le prévoir. Mais ces agressions font désormais partie du quotidien des sapeurs-pompiers.

Ces violences ont-elles lieu uniquement dans les cités sensibles?
Les sapeurs-pompiers interviennent partout et peuvent faire face à des personnes en détresse agressives. Mais cela arrive plus souvent dans les quartiers difficiles. Notre syndicat a mis en place des formations au niveau départemental et national à destination des officiers pour réagir au mieux. Ils apprennent à repérer les indicateurs qui laissent présager une agression, et à prendre les mesures adéquates pour se protéger.

Quels sont ces signes avant-coureurs?
La première des raisons est un événement extérieur à notre mission qui va créer un état d'esprit agressif. Cela peut être un accident de la route, une action de la police, un contrôle d'identité musclé. Sur le terrain, nous avons des relations privilégiées avec les policiers qui nous avertissent quand ces types d'événements ont lieu.

Êtes-vous ciblés car vous portez l'uniforme, et êtes assimilés à la police?
C'est évident. Il y a 20 ans, les «grands frères» nous protégeaient. Ils avertissaient les voyous qu'ils devaient nous laisser faire notre travail, car un jour ou l'autre, eux ou leurs mères pourraient avoir besoin des secours. Ils avaient des principes, et nous pouvions entrer sans problème dans ces quartiers difficiles, contrairement à la police. Aujourd'hui, il y a un amalgame sur les uniformes. Et on nous cible d'autant plus facilement que ces personnes savent très bien que nous ne sommes pas armés et que nous n'avons pas le droit de riposter.

Pouvez-vous être escortés par la police en cas d'intervention dangereuse?
Oui, bien sûr. Le travail interservices se fait en amont, mais aussi lors des interventions. Les services de secours et de police sont complémentaires, même si cette coordination pourrait être encore plus développée. Le nombre d'escortes sur le terrain est très variable. C'est comme les feux de forêt: il peut y avoir des années très calmes, et puis à cause d'un vent fort, les incendies se multiplient d'un coup. C'est la même logique dans les violences urbaines. Il peut y avoir de longues périodes de calme, et soudain, une poudrière.

Ces agressions ont-elles des conséquences sur les personnes en danger qui vous appellent?
Ces gens qui nous agressent se font du mal à eux-mêmes, car ils mettent en danger les personnes qui habitent dans leurs quartiers. À force d'être la cible de ces violences, les sapeurs-pompiers hésitent à intervenir. La solution n'est évidemment pas de ne plus venir du tout, car créer des ghettos serait pire que tout. Mais les délais d'intervention peuvent être plus longs qu'ailleurs, et à cause de ces agressions, des victimes ne peuvent pas être secourues. C'est une spirale négative que l'on doit réussir à stopper. "