lundi 19 août 2013

POUR LA GAUCHE, LE CONCRET C'EST DANS DIX ANS

"  Le gouvernement français a promis lundi de donner des suites concrètes au séminaire sur "la France dans 10 ans", remue-méninges de rentrée critiqué pour son côté décalé comparé à des enjeux plus immédiats comme l'emploi et la réforme des retraites.
Dans le sillage de cette réunion à l'Elysée, le commissaire général à la stratégie et à la prospective, Jean Pisany-Ferry, a été chargé de rédiger un projet stratégique d'ici à la fin de l'année pour préparer la France de 2025.
Une décennie, "c'est le temps du possible, c'est une durée suffisante pour traduire ce choix, pour rendre visible les investissements engagés, pour modifier les comportements", a dit François Hollande à ses ministres, selon un texte fourni par l'Elysée.
Dans le Monde daté du 20 août, Jean Pisany-Ferry a défendu lui aussi une stratégie de long terme, donnant en exemple Jean-Pierre Chevènement "fixant, en 1985, l'objectif d'amener 80% d'une classe d'âge au niveau du Bac".
Le thème de cette première réunion gouvernementale organisée après la pause estivale a été tourné en dérision par une opposition qui fait elle aussi sa rentrée politique.
"Plutôt que d'ironiser, moi j'invite les forces politiques, économiques et sociales à s'emparer de cette ambition, à s'inscrire dans cette volonté de tracer le destin de la France dans les 10 ans qui viennent", a déclaré Jean-Marc Ayrault sur le perron de l'Elysée.
"Cet exercice, je le dis, n'est pas théorique, la France dans dix ans ce n'est pas loin", a-t-il poursuivi, déplorant la "décennie" perdue selon lui par la droite sous les mandats de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy de 2002 à 2012.
"Nous en payons le prix aujourd'hui, les conséquences c'est que la France a pris du retard dans la mondialisation", s'est encore défendu le Premier ministre.
Jean Pisany-Ferry doit intégrer à son projet les propositions de la commission Innovation 2030 présidée par Anne Lauvergeon, qui rendra sa copie mi-septembre.
L'ancienne patronne du groupe nucléaire Areva met au nombre des secteurs d'avenir le stockage de l'énergie, le dessalement de l'eau de mer, le recyclage, la protéines végétales, la "chimie verte" ou l'économie au service des seniors.
Dans son discours, le chef de l'Etat a fait de la lutte contre le réchauffement climatique une "ardente obligation nationale". Une formule à même de plaire aux écologistes et autres ministres qui se sont prononcés pour une accélération de la transition énergétique.
"MÉLANGE DE CANDIDE ET D'ORWELL"
Conscient des inquiétudes suscitées par une rentrée sociale que syndicats et extrême gauche prédisent chaude, François Hollande a promis pour la "fin de ce mois" des réponses sur le budget 2014, qui pourrait être assorti de hausses d'impôts, la reprise économique, clé de l'emploi, et les retraites.
Résolument optimistes pour la plupart, les contributions des ministres à cette réunion de rentrée ont fait douter quant à leur capacité à résoudre le chômage, désendetter le pays ou venir à bout de la crise du logement.
"Dans ce nouveau monde, mélange de Candide et d'Orwell, cette Nouvelle France de 2025 sera marquée par : zéro chômeur (...), zéro mal logé (...), zéro insécurité(...), zéro problème de prison ou de justice, zéro problème de niveau de vie, de pouvoir d'achat", a ainsi ironisé dans un communiqué Roger Karoutchi, vice-président de l'UMP.
L'ancienne ministre UMP Nadine Morano a critiqué des "travaux de vacances bâclés". "On se demande si ça va pas être un concours de la copie de Madame Soleil à Monsieur Nostradamus", a-t-elle dit sur France 2, réclamant des "réponses immédiates".
L'opposition voit aussi dans le thème choisi une opération de communication visant à masquer les désaccords estivaux entre ministres, en particulier entre Manuel Valls et Christiane Taubira sur la réforme pénale.
"Quand on mesure chaque jour la cacophonie qui règne au gouvernement, je comprends qu'ils préfèrent se projeter dans l'avenir", a commenté le député UMP Eric Ciotti dans les colonnes du Figaro. "Ce gouvernement ne sait pas quel chemin prendre à l'automne 2013".
La présidente du Front national Marine Le Pen a pour sa part dénoncé dans un communiqué un séminaire qui ne laisserait "probablement rien de plus dans la tête des Français qu'une vague impression de ridicule et de grotesque".
Quant au Parti communiste, il a regretté un tel exercice de "storytelling", alors que les engagements du candidat Hollande en 2012 sont, selon lui, "foulés au pied".
"Les prophéties n'ont jamais fait une politique et avant de penser à 2025, le président et le gouvernement devraient se concentrer sur 2013", écrit dans un communiqué le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles. "


Ce qui est très drôle, c'est que ce gouvernement se projette dans les dix ans avenir alors qu'ils ne seront plus là dans 4 ans. On peut même supposer qu'ils ne seront plus là même avant cette date, puisque les élections de 2014 seront un échec total pour la gauche.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire